Cultiver à Bruxelles ?
Cultiver en ville et raccourcir les filières alimentaires, c’est ...
Combattre la précarité économique, en :
- Réduisant la valeur exportée vers la distribution, l’emballage, le marketing et le transport, et augmenter celle revenant aux agriculteur et consommateurs locaux ;
- Restituant à l’agriculture locale une plus grande part des centaines de millions d’euros dépensés annuellement par les Bruxellois pour leur alimentation ;
- Restituant aux Bruxellois des centaines d’emplois associés à l’alimentation. Certains sont des emplois manuels demandant une formation courte3. D’autres relèvent de la construction, l’entretien, l’approvisionnement, l’installation et la gestion, l’animation et d’autres services.
C’est aussi combattre la précarité alimentaire et nutritionnelle :
- En réduisant la dépendance alimentaire à l’égard des filières longues ;
- Par la baisse des prix alimentaires. La domination des filières longues à Bruxelles entraîne un surcoût marqué des fruits et légumes par rapport aux autres régions belges4, alors que 25% des Bruxellois vivent sous le seuil de risque de pauvreté.
- L’importance de la malnutrition est méconnue. La surcharge pondérale et ses conséquences (diabète, problèmes cardio-vasculaires etc) progressent en Belgique. La consommation moyenne de légumes (138 g/j) des Belges est très éloignée des recommandations (350 g/j).
C’est aussi combattre la précarité environnementale.
L’agriculture urbaine répond à un enjeu de santé publique qui dépasse la nutrition :
- La végétation absorbe les polluants atmosphériques en filtrant les fines particules5.
- Les plantes oxygènent la ville : 1,5 m2 de pelouse non coupée fournit suffisamment d'oxygène pour les besoins annuels d'un être humain (Cardinal Group 2002).
- Entre 50 et 175 kg de déchets organiques par ménage et par an pourraient être évités en développant le compostage individuel (IBGE 2008).
- Cultiver les toits augmente l’absorption des pluies6 et réduit l’effet d’îlot de chaleur urbain.
- Les cultures biodiversifiées favorisent le patrimoine biologique et ses bénéfices environnementaux : régulation écosystémique, pollinisation, etc.
C’est encore combattre la précarité paysagère et sociale
- Production alimentaire, logement, récréation et industrie n’ont pas toujours fait bon ménage. L’articulation innovante des fonctions offre une réponse aux conflits d’usage de l’espace.
- En renouant avec le patrimoine culturel alimentaire de Bruxelles (horticulture, poissons), les potagers urbains rendent le lieu de vie plus agréable et attractif. Ils renforcent le sentiment d'appartenance à une communauté locale, et l’implication positive dans la vie locale.
- Cette dynamique favorise la lutte contre l’isolement et l’incivisme.
Créer un précédent européen à Bruxelles
- Ce projet produira des références inédites pour la revitalisation éco-innovantes des zones urbaines désavantagées.
- Il signalera l’ambition bruxelloise et européenne en matière de développement urbain durable, à destination des décideurs régionaux, nationaux, européens et internationaux
Frédéric Morand, version du 23 janvier 2012

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